Théodore Géricault, Le peintre et l'écuyer - 2025

BRUNO CHENIQUE

Au même titre qu'il existerait un syndrome des salles obscures, refuge utérin où devant des spectateurs immergés dans un écran géant se rejouent la folie, le drame et la poésie du monde avant de retrouver la lumière de la vie quotidienne, le cirque et ses flamboyants spectacles n'agiraient-ils pas de même sur nous ? Une véritable catharsis théâtrale, certes, mais peut-être bien plus grâce à la présence du monde animal. Présence contre nature (le dressage, la privation de liberté) mais encore une sublime et paradoxale association d'êtres vivants, tous dotés d'une grande sensibilité, d'une force musculaire et d'un désir de vie, voire de survie.

Le Cirque Olympique. L'idole Franconi

Les études scolaires, de l'aveu unanime des biographes, ne motivaient guère le jeune Théodore Géricault (1791-1824) mais, selon Batissier, « on pouvait déjà remarquer les deux passions qui devaient remplir toute sa vie, si l'on peut appeler passions, toutefois, ce goût instinctif qu'il avait pour le dessin et le plaisir vif qu'il éprouvait à voir de beaux chevaux ». Dès qu'il était libre, le soir, ou « dans ses jours de sortie du lycée, poursuit Blanc, il allait au manège, ou bien courait chez Franconi qui était à ses yeux le plus grand des hommes. Il le regardait avec admiration et ne l'approchait qu'avec une sorte de respect, content s'il pouvait s'aboucher avec un tel personnage ! ». Ces jours-là, conclut Clément, « étaient ses vrais jours de fête ».

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