Théodore Géricault, la traite des noirs - 2021
BRUNO CHENIQUE

La Traite des Noirs, dit aussi Traite des Noirs sur un marché d'esclaves sur la côte du Sénégal - Cat. 15
Sanguine, pierre noire et mine de plomb sur papier beige. 11. 0,307 ; L. 0,436 m. Vente Marcille, 4 mars 1857 et jours suivants, n° 79, pour 170 francs¹ ; A.C.H. His de la Salle, marque en bas au milieu (L. 1332 ou 1333) ; don en biso à l'EBA, marque en bas à gauche (L. ). Inv. n° EBA 982.
C. Clément, 1866, p. 77, n° 3 ; C. Clément, 1867, p. 370, n° 146 ; C. Clément, 1879, p. 218-219, p. 232-233, p. 330, note n° 2, p. 362-363, n° 139, p. 421 ; A. Michel, s. d., p. 57-58 ; A. Michel, 1884, p. 315 ; E. Müntz, 1889, p. 171 ; E. Müntz, 1891, p. 52 ; L. Rosenthal, 1905a, repr. p. 297 ; L. Rosenthal, 1905b, p. 356, p. 360, p. 362, p. 368 ; G. Oprescu, 1927, p. 93, p. 200 ; C. Martine, 1928, n° 36 (repr.) ; P. Lavallée, 1930, p. 226 ; F. Antal, 1941, p. 20 (repr. p. 21) ; K. Berger, 1946, p. 33, n° 48 (repr.) ; P. Courthion, 1947, repr. p. 321, fig. 22 ; K. Berger, 1952, p. 56 (repr. fig. 87) ; F. Daulte, 1955, p. XII, p. 54, n° 12 (repr. p. 12, fig. 12) ; F. H. Lem, 1962, p. 28, p. 31, p. 36-37 (repr. p. 40, fig. 5) ; A. del Guercio, 1963, p. 151, n° 91 (repr., fig. 91) ; K. Berger et D. Chalmers Johnson, 1959, p. 312, p. 337, fig. 24 ; R. Huygues, 1976, p. 178 (repr. p. 180, fig. 196) ; M. Le Pesant, 1976, p. 76 ; B. Foucart, 1978, p. 47, fig. 13 ; L. Eitner, 1980, p. 222 ; cat. expo. Hambourg, 1980-1981, p. 355 (repr. p. 356, fig. 179) ; D. Rosenthal, 1982, p. 13 ; L. Eitner, 1983, p. 274-276, fig. 220 ; H. Zerner, 1984, p. 340 ; L. Eitner, 1986, p. 59 ; H. Lüthy, 1986, p. 565 ; C. Sells, 1986, p. 563 (repr. p. 565, fig. 16) ; C. Sells, 1987, note 4, p. 214 ; cat. expo. Kamakura, Kyoto, Fukuoka, 1987-1988, p. 175 ; H. Honour, 1989, p. 125 (repr. p. 127, fig. 70) ; A. Boime, 1990, p. 50-51 ; L. Eitner, 1991, p. 382, p. 384-385, fig. 168 ; R. Michel, 1992, 115-117 (repr.) ; A. Boime, 1996, p. 574, p. 579, p. 580 ; M. Marrinan, 1996, p. 62 (repr. p. 626, fig. 209, p. 628, fig. 275-277) ; R. Michel, 1996, p. 13 ; J. Sagne, 1996, p. 601, p. 607.
En particulier, devant les étrangers, en présence de vos compatriotes, que partout votre voix généreuse s'élève et tonne contre leurs oppresseurs⁸ !» Peu après le décès de Géricault, Alphonse Rabbe, dans La Pandore (journal qui succédait au Miroir), reprit l'information d'un tableau qui aurait été élaboré à Londres même : « Pendant son séjour en Angleterre, notre jeune compatriote conçut l'idée d'un grand tableau que les circonstances ne lui permirent pas d'exécuter⁷. »
Si, en 1838, La Garenne ne fit que reprendre les informations de ses prédécesseurs⁸, Batissier, en 1841, après une enquête menée auprès des amis de Géricault, affirma : « Quand il fut revenu à la santé, Géricault travaillait beaucoup ; [...]. Il avait le projet de faire un tableau représentant la Traite des nègres, et il avait même assemblé quelques croquis relatifs à ce sujet. » Charles Blanc, lui aussi, interrogea les proches du peintre et pouvait, en 1842, écrire ces quelques phrases fondamentales :
« C'est un Nègre qui est peint au sommet de la toile, s'épuisant à faire des signaux avec des lambeaux de draperies. Mais quoi ! ce Nègre n'est plus à fond de cale, et c'est lui qui survivra l'Amiral : nous pas comme ce grand malheur a tout à coup rétabli l'égalité parmi les races ! C'est un pauvre esclave qui va délivrer tous ces hommes qui l'ont asservi et dédaigné, et cela se passe sur cette même côte du Sénégal où l'on va prendre ses frères pour les conduire en servitude ! Noble idée que celle d'avoir ainsi renversé les rôles ! Géricault, lorsqu'il est mort, méditait une grande composition représentant la traite des Nègres, et ce n'est pas sans intention qu'il a placé un de ces parias au point culminant de son tableau¹⁰. »
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