Moreau, le rapt du dessin chassériesque - 2005

BRUNO CHENIQUE

Moreau, le rapt du dessin chasséresque

Pour Genevieve Lacambre

8 octobre 1856 : mort au matin d'un génie à la fleur de l'âge, âgé de seulement trente-sept ans et dix-huit jours. Ce fut dans Paris, affirme Théophile Gautier, « une douloureuse surprise »¹. 9 octobre, Delacroix note dans son Journal : « J'apprends le soir, par Boissard, la mort de ce pauvre Chassériau. » Le lendemain, 10 octobre un groupe d'amis se réunit dans le salon du défunt². Devant le magnifique portrait des sœurs de Chassériau – exposé au Salon de 1843 –, Delacroix affirme à plusieurs reprises : « C'était un peintre ! »³ Le compliment vaut de l'or quand on sait que Chassériau fut, à ses débuts, l'élève préféré d'Ingres. Un témoin entendu Delacroix dire encore : « La mort de ce pauvre Chassériau est un malheur pour l'art et particulièrement pour notre école. »⁴

En rentrant chez lui, laconique, Delacroix note encore dans son Journal : « Convoi du pauvre Chassériau. J'y trouve Dauzats, Diaz et le jeune Moreau le peintre. Il me plaît assez. Je rentre de l'église avec Émile Lassalle. »

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