Les portraits de Louvel : ouvrier, monomane ou assassin impersonnel ? - 2016
BRUNO CHENIQUE

Annales Benjamin Constant, N° 41, 2016 171
BRUNO CHENIQUE
Les portraits de Louvel : ouvrier, monomane ou assassin impersonnel ?
« Il ne peut exister de sapiens sans demens »
Pierre Solié, Psychanalyse et imaginai, préface de M. Cazenave, Paris, Editions Imago, 1980, p. 34
« La folie est aussi un acte politique »
Serge Tribolet, La folie, un bienfait pour l'humanité. Essai, Paris, Editions de Santé, 2004, p. 135
Mais qui a donc tué le duc de Berry, le neveu du roi, dans la nuit tragique du 13 au 14 février 1820, au sortir de l'Opéra ? Est-ce le bras armé de Louvel, son cerveau défaillant sinon exalté, armé par l'opinion publique de gauche, ou l'incompétence des médecins qui, à la fin, le vidèrent de son sang comme un cochon ? Qui, qui ? La réponse est simple : Louvel et rien que Louvel puisqu'il fut déclaré coupable et guillotiné place de Grève le 7 juin 1820. Telle est du moins la réponse juridique à ce crime politique.
Bien évidemment la génération des années 1820 ne se contenta pas forcément de ce premier niveau d'interprétation. Quant aux historiens, ils firent consciencieusement leur travail et deux siècles plus tard l'analyse de l'acte de Louvel reste d'actualité. Gilles Malandain lui a consacré un doctorat en 2005 et un livre en 2011¹. Les historiens de l'art, pour une fois, n'ont pas été en reste puisque l'on doit à Nina Athanassoglou-Kallmyer, en 1991 et en 2005, les toutes premières réflexions d'envergure sur les portraits de Louvel et les représentations de l'agonie de Berry².
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