Le masque de Géricault ou la folle mémoire d’un culte sentimental et nauséabond - 2002

BRUNO CHENIQUE

Le regard de Michelet est étonnant. Si l'on doit au célèbre historien l'une des lectures historico-poliliques les plus clairvoyantes sur les trois principaux tableaux de Théodore Géricault (ceux des Salons de 1812, 1814 et 1819)', sa fascination pour le peintre du Radeau de la Méduse s'est également focalisée sur le masque mortuaire du peintre (cat. 31) et, curieusement, sur sa sexualité.

Le 12 mai 1840, après avoir rapporté les souvenirs que Miles Montgolfier et Belloc gardaient de Géricault, Michelet notait dans son journal : En causant ainsi nous tenions dans nos mains le beau, l'horrible plâtre, ce masque si fier et si triste, si doux pourtant, sauf l'âpreté artistique et l'ardeur de faucon qui happait et gardait les formes?.

On peut être certain que l'intimité toute sentimentale de cette réunion entre deux femmes et deux hommes, ou plutôt de deux femmes, un homme et un bout de plâtre doit beaucoup au fait que le visage cadavérique de cet homme de 32 ans porte l'illustre nom de Théodore Géricault (1791-1824).

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