La vie de Théodore Chassériau (1819-1856). Essai de biochronologie - 2002
BRUNO CHENIQUE

1819
20 septembre
■ Naissance
Théodore Chassériau naît à Saint-Domingue, sur la presqu'île de Samana, au nord-est de l'île, dans la propriété maternelle du Peritoa, dans le lieu-dit le Limon, région particulièrement fertile et riche.
Il est le cinquième enfant de Benoît Chassériau (1780-1844), natif de La Rochelle, et de Marie-Madeleine Couret de la Blaquière (1791-1866), fille d'un propriétaire créole de Saint-Domingue (Bénédite, 1931, t. I, p. 9, 12-13). Ses parents s'étaient mariés en 1806. De leur union naîtront sept enfants : Frédéric (1807-1881), Adèle (1810-1869), Charles (mort en bas âge), Théodore (1819-1856), Aline (1822-1871), Ernest (1823-1870) et Paul (mort en bas âge). La mère de Théodore, si l'on en croit une lettre de dénonciation anonyme conservée aux Archives du ministère des Affaires étrangères, était une femme « de couleur » (dossier Benoît Chassériau, 1ère série, 889). Une caractéristique physique qui n'apparaît pas dans son portrait, exécuté en mai 1836 par son fils Théodore (musée du Louvre ; Sandoz, 1974, p. 116, n° 24).
■ Le père de Théodore
Benoît Chassériau, dernier de dix-sept enfants, commence sa carrière en suivant l'armée française lors de l'expédition d'Égypte et celle de Saint-Domingue. En 1802, il est nommé trésorier général, puis, en 1805, secrétaire général de la colonie, pour la partie est de l'île cédée à la France par le traité de Bâle. Dès cette époque, si l'on en croit une lettre de dénonciation anonyme, il aurait joué et dissipé « la caisse publique environ 60 000 francs », vendu ses services aux Anglais et « violé la fille d'un cacique influent » (Archives du ministère des Affaires étrangères, dossier Benoît Chassériau, 1ère série, 889). Après de très nombreuses péripéties dues à l'instabilité politique de la région, il put rentrer dans ses possessions de Saint-Domingue en 1819, année de la naissance de Théodore (Bénédite, 1931, t. I, p. 13-14).
■ Un oncle général et un cousin architecte
Parmi ses illustres parents, Théodore compte son oncle le général baron Victor-Frédéric Chassériau (l'un des frères de Benoît Chassériau) mort à la bataille de Waterloo, le 18 juin 1815. Le général est le père de Frédéric Chassériau (1802-1896), le futur architecte des ports de Marseille et d'Alger (cf. infra : 4-6 août 1836), lui-même père du baron Arthur Chassériau (1850-1934), le généreux donateur du musée du Louvre.
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