Frédéric-Désiré Hillemacher, d'après Théodore Géricault, un supplice à Rome - 2021

BRUNO CHENIQUE

Frédéric-Désiré Hillemacher a travaillé dès l'âge de treize ans à la Compagnie des canaux dont son père était directeur, et y a travaillé jusqu'à la fin de sa vie. Influencé par son frère Ernest qui l'a orienté vers les arts, il a suivi l'enseignement de Léon Cogniet à l'École des beaux-arts de Paris. Il a pratiqué la gravure en amateur et s'est particulièrement intéressé aux sujets de théâtre. La seule occurrence connue de son intérêt pour Géricault est cette eau-forte gravée vers 1850-1860 d'après une esquisse peinte par l'artiste, représentant un supplice à Rome.

L'intérêt de Théodore Géricault pour les brigands lors de son séjour à Rome entre 1816 et 1817 s'est incarné dans plusieurs de ses dessins et dans une huile sur toile que Clément, premier catalographe du peintre, a répertoriée en 1867 sous le titre Exécution capitale. Le bureau montre au peuple la tête du supplicié, un religieux à genoux prie pour lui. Cette esquisse a été peinte à Rome.

La localisation de cette huile sur toile reste inconnue et n'a malheureusement jamais été reproduite. Grâce à la générosité de Mme Valérie Goupil et à l'eau-forte que Hillemacher en a réalisée, nous en connaissons désormais l'étonnante iconographie. L'œuvre est saisissante, ce que la description de Clément ne laissait pas vraiment deviner. Lors de sa première vente en 1841, le tableau portait un titre un peu plus explicite : Géricault, Exécution d'un brigand italien. C'est sous l'impression d'un fait dont il fut témoin que le peintre a composé ce sujet, à l'inspiration de Michel-Ange. À la décharge de Clément qui ignorait cette vente, le tableau, lors de son passage à la vente Dubois de 1850, était répertorié comme Un supplicié dans les États romains. Quand la vente Marcille de 1857 le proposait, il recevait un titre encore moins descriptif : Exécution à Rome.

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